Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia a submergé une partie du littoral
atlantique et coûté la vie à 53 personnes. J'y étais. Ce que j'ai compris cette nuit-là, et que
quinze années de lectures scientifiques n'ont fait que confirmer, tient en une phrase : la
catastrophe n'était pas exceptionnelle — c'est notre impréparation qui l'était. Les digues étaient
connues pour être fragiles, les zones inondables cartographiées, les alertes émises. Ce qui a
manqué, c'est une culture partagée du risque.
Cette section du site existe pour combler ce manque. Elle dresse un état des lieux des grandes
menaces contemporaines en s'appuyant systématiquement sur les travaux de référence : rapports
du GIEC pour le climat,
de l'IPBES pour le vivant, du
Stockholm Resilience Centre
pour les limites planétaires, et des institutions françaises et européennes pour les risques
qui nous concernent directement.
Vous n'y trouverez ni prophéties d'apocalypse, ni réassurance de façade. L'effondrement n'est pas
un événement daté qui surviendrait un matin : c'est un processus multifactoriel dont certaines
dynamiques sont déjà engagées, et dont d'autres peuvent encore être infléchies. Comprendre ces
mécanismes et leurs interconnexions, c'est déjà agir — car on ne se prépare correctement qu'aux
risques que l'on a compris.