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Manuel-de-Survie.fr

Chapitre G.06 · Étape 2, besoins vitaux — par Sarah, infirmière

Santé et premiers secours en situation de crise

Une trousse bien composée, quelques gestes appris, une avance de traitements : dans les huit minutes qui séparent l'accident de l'arrivée des secours, c'est vous le premier maillon. Et cela s'apprend en sept heures.

Mis à jour en juillet 2026 · Lecture : 9 min · Ne remplace pas une formation ni un avis médical

L'essentiel en 30 secondes

  • La formation prime sur le matériel : le PSC1, sept heures, est le meilleur investissement de préparation qui existe.
  • Une trousse utile est composée, vérifiée et connue — pas achetée toute faite et oubliée.
  • Quatre urgences tuent en minutes : hémorragie, arrêt cardiaque, inconscience, étouffement.
  • L'oubli le plus dangereux d'un foyer : l'avance sur les traitements chroniques.

1. La formation avant le matériel

Je vais commencer par une phrase qui devrait vous faire fermer cette page : aucun texte, y compris celui-ci, ne vous apprendra les gestes qui sauvent. On n'apprend pas à masser un cœur en lisant. On l'apprend avec un mannequin sous les mains, un formateur qui corrige la position des bras, et la sensation physique de la profondeur de compression.

La formation PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1) dure sept heures, coûte quelques dizaines d'euros, est accessible dès dix ans et se donne partout en France. Elle vous rend capable d'agir pendant les minutes qui décident — celles où les secours n'arrivent pas encore, et où l'on meurt d'une hémorragie ou d'un arrêt cardiaque. Aucun achat, aucune trousse, aucune lecture n'approche ce rapport coût/bénéfice. Tout est sur notre page Stages & formations.

Ce chapitre, lui, sert à autre chose : composer votre matériel, comprendre les priorités, anticiper les traitements, et savoir ce qui se joue quand le système de soins est saturé. Il ne remplace ni une formation, ni un avis médical.

« J'ai vu des gens sauver une vie avec deux mains et rien d'autre. Et j'ai vu des trousses magnifiques rester fermées, parce que personne ne savait quoi en faire. »

Sarah — Infirmière, nutritionniste

2. Composer sa trousse : le contenu réel

Fuyez les trousses toutes faites vendues cinquante euros, gonflées de pansements minuscules. Une bonne trousse se compose, se range dans une boîte identifiable, et se vérifie deux fois par an.

  • Protection : gants jetables (plusieurs paires), masques, gel hydroalcoolique. On se protège soi avant de soigner l'autre : c'est la première règle du secourisme.
  • Plaies et saignements : compresses stériles, bandes de gaze, bandes cohésives, pansements de plusieurs tailles, sparadrap large, sérum physiologique en dosettes, antiseptique.
  • Instruments : ciseaux à bouts ronds, pince à échardes, thermomètre, couverture de survie, épingles de sûreté.
  • Médicaments de base : antalgique et antipyrétique (paracétamol), solution de réhydratation orale — je le répète depuis le chapitre Eau —, et les traitements habituels du foyer. Demandez conseil à votre pharmacien pour le reste : c'est son métier, il est gratuit et de proximité.
  • Les papiers : une feuille plastifiée avec, pour chaque membre du foyer, les allergies, le groupe sanguin, les traitements en cours (en dénomination commune internationale), le médecin traitant, les numéros d'urgence. C'est l'élément le plus utile et le moins cher de toute la trousse.
  • Les cas particuliers : nourrissons, personnes âgées, épileptiques, diabétiques, allergies sévères avec stylo d'adrénaline. Adaptez, et que tout le monde sache où c'est rangé.

Trois exemplaires idéalement : un fixe à la maison, un compact dans la voiture, un léger dans le sac d'évacuation.

Premiers secours et santé en autonomie : trousse et gestes essentiels
Une trousse composée par vous, connue de tous, vérifiée deux fois par an.

3. Les quatre urgences qui tuent en minutes

Ce qui suit n'est pas un mode d'emploi — encore une fois, formez-vous — mais un repère pour savoir ce qui prime, et dans quel ordre. En toutes circonstances : protéger, alerter (112), secourir.

  • L'hémorragie externe. On peut mourir en quelques minutes. La compression directe, forte et continue, du point qui saigne — avec la main gantée et un tissu — est le geste prioritaire. On n'attend pas.
  • L'arrêt cardiaque. Chaque minute sans massage fait chuter les chances de survie. Alerter, masser sans interruption, et utiliser un défibrillateur automatisé externe dès qu'il est disponible : il guide vocalement, ne peut pas nuire, et il y en a probablement un à moins de deux cents mètres de chez vous. Repérez-le.
  • L'inconscience avec respiration. La position latérale de sécurité empêche l'étouffement par la langue ou les vomissements. Vérifier la respiration, dégager les voies aériennes, alerter.
  • L'étouffement complet (la personne ne peut ni parler ni tousser) : claques vigoureuses dans le dos, puis compressions abdominales. Chez le nourrisson, la technique diffère — raison de plus pour se former si vous avez des enfants.

En crise, ajoutez-y les pathologies liées au contexte : hypothermie (voir le chapitre Énergie), coup de chaleur (scénario Canicule), intoxication au monoxyde de carbone — dont les symptômes ressemblent à une grippe, et dont le premier geste est de sortir tout le monde à l'air libre.

4. Les traitements chroniques : l'oubli le plus dangereux

C'est le point où je vois les foyers les mieux préparés se retrouver démunis. On stocke des conserves, on achète une frontale, et personne n'a pensé aux quinze jours d'insuline, de traitement antiépileptique ou d'antihypertenseur.

  • Anticipez avec votre médecin et votre pharmacien, dans le respect des règles de délivrance : une avance de traitement est souvent possible, notamment avant un départ ou en cas de risque identifié. C'est une conversation à avoir lors du prochain rendez-vous, calmement.
  • Gardez une ordonnance récente en papier et en photo sur votre téléphone. Notez les molécules (dénominations communes internationales), pas seulement les noms commerciaux : en crise ou à l'étranger, un pharmacien saura substituer.
  • Respectez les conditions de conservation. L'insuline et certains produits exigent le froid : prévoyez une glacière et des pains de glace, et parlez-en à votre pharmacien avant une coupure annoncée.
  • Identifiez la pharmacie de garde de votre secteur, et le centre de dialyse ou le service de référence si vous en dépendez.
  • Ne modifiez jamais un traitement de vous-même, même pour « économiser ». Un arrêt brutal de certains médicaments est plus dangereux que la crise elle-même.

5. L'hygiène : la première médecine

Historiquement, dans les crises longues, ce ne sont pas les blessures qui font le plus de victimes. Ce sont les maladies liées à l'hygiène — diarrhées, infections, épidémies — dans des conditions où l'eau et l'assainissement se dégradent.

  • Les mains. Savon et eau, ou gel hydroalcoolique. Avant de manger, après les toilettes, après avoir soigné. C'est le geste médical le plus rentable de l'histoire de la médecine, sans exagération.
  • Les excreta. Si les sanitaires ne fonctionnent plus, improvisez des toilettes sèches (seau, sac solide, litière ou sciure, couvercle), à l'écart de toute réserve d'eau. Ce détail trivial évite des épidémies.
  • Les plaies. Nettoyez à l'eau propre et au savon, désinfectez, couvrez, surveillez rougeur, chaleur, douleur, fièvre. Une plaie infectée sans accès aux soins devient vite un problème sérieux ; vérifiez votre vaccination antitétanique.
  • L'isolement d'un malade dans une pièce dédiée, avec aération et lavage des mains renforcé, comme le rappelle la fiche Pandémies.
  • Les règles et l'incontinence : protections hygiéniques en quantité, souvent absentes des listes écrites par des hommes. Prévoyez large.

6. Le soin psychique compte autant

Je terminerai par ce qu'on n'écrit jamais dans les guides de survie, et qui occupe pourtant une grande part de mon métier. Après une catastrophe, les blessures physiques guérissent souvent plus vite que les autres. Le stress aigu, l'insomnie, l'irritabilité, la culpabilité du survivant, les troubles chez l'enfant : tout cela est normal, fréquent, et cela se soigne.

  • Parlez. Le silence protecteur qu'on croit devoir aux enfants les inquiète davantage que des mots simples et vrais, adaptés à leur âge.
  • Maintenez des routines. Repas, sommeil, jeux : le rythme est la structure qui tient un psychisme quand tout le reste vacille.
  • Donnez des tâches. Se sentir utile est une protection puissante contre l'impuissance, y compris pour les enfants et les personnes âgées.
  • Consultez si cela dure. Au-delà de quelques semaines de symptômes envahissants, un professionnel doit être vu — médecin traitant, psychologue, cellule d'urgence médico-psychologique. Ce n'est pas une faiblesse : c'est un soin, comme un plâtre.

Et si la lecture de ce site — ou l'actualité — vous laisse durablement anxieux, la même règle s'applique. Se préparer doit apaiser, jamais ronger. Quand ce n'est pas le cas, parlez-en à quelqu'un en qui vous avez confiance, ou à un professionnel de santé.

7. Questions fréquentes

Que doit contenir une trousse de premiers secours ?
Au minimum : gants jetables, compresses stériles, bandes et pansements de plusieurs tailles, sparadrap, ciseaux, pince à échardes, antiseptique, couverture de survie, thermomètre, sérum physiologique, solution de réhydratation orale, antalgique et antipyrétique de base, ainsi que les traitements habituels du foyer. Ajoutez masques, gel hydroalcoolique, et une liste écrite des allergies, groupes sanguins, traitements et numéros d'urgence. Vérifiez les dates deux fois par an.
Quels sont les gestes qui sauvent à connaître absolument ?
Quatre situations tuent en quelques minutes : l'hémorragie externe (compression directe et forte du point qui saigne), l'arrêt cardiaque (alerte, massage cardiaque, défibrillateur), l'inconscience avec respiration (position latérale de sécurité) et l'étouffement complet (claques dans le dos, puis compressions abdominales). Ces gestes ne s'apprennent pas dans un texte : la formation PSC1 dure sept heures, coûte quelques dizaines d'euros et est accessible dès dix ans.
Comment gérer un traitement chronique en cas de crise ?
Anticipez avec votre médecin et votre pharmacien, dans le respect des règles de délivrance : une avance de traitement est souvent possible. Conservez une ordonnance récente en version papier et numérique, notez les noms de molécules (dénominations communes internationales) et non seulement les noms commerciaux, respectez les conditions de conservation — particulièrement pour l'insuline et les produits à conserver au froid — et identifiez le pharmacien de garde de votre secteur. Ne modifiez jamais un traitement de vous-même.

Un pas, aujourd'hui

Sept heures pour savoir quoi faire pendant les huit minutes qui comptent

Aucun matériel n'égale une formation PSC1. C'est le meilleur investissement de préparation qui existe, et il profite d'abord aux autres.