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Manuel-de-Survie.fr

Chapitre G.05 · Étape 2, besoins vitaux — par Stéphane, le Prepper

Énergie, chauffage et lumière en autonomie

Trois heures sans abri thermique : la règle des 3 place la chaleur juste après l'air. Voici comment garder lumière, chaleur et énergie quand le courant tombe — et comment ne pas mourir en essayant.

Mis à jour en juillet 2026 · Lecture : 9 min · Contient un avertissement de sécurité vital

L'essentiel en 30 secondes

  • Le tueur d'une coupure hivernale n'est pas le froid : c'est le monoxyde de carbone des chauffages improvisés.
  • On conserve la chaleur avant de la produire : couches de vêtements, une seule pièce, calfeutrage, duvet.
  • Une frontale à LED par personne, des piles, une lanterne. Pas de bougies : elles brûlent des maisons.
  • Pour la plupart des foyers, une station électrique portable vaut mieux qu'un groupe électrogène.

1. Le danger n'est pas le froid, c'est ce qu'on fait pour y échapper

Je commence par là parce que c'est le seul passage de ce guide que je vous demande de retenir par cœur. Chaque hiver, en France, des familles meurent pendant une coupure de courant — non pas d'hypothermie, mais d'intoxication au monoxyde de carbone. Elles ont rentré le barbecue, allumé un brasero dans le salon, fait tourner un groupe électrogène dans le garage attenant.

Le monoxyde de carbone est inodore, incolore, sans saveur. Il ne pique pas les yeux, ne fait pas tousser. Il se fixe sur l'hémoglobine à la place de l'oxygène. Les premiers symptômes — maux de tête, nausées, fatigue, confusion — ressemblent à une petite grippe, et ils suppriment précisément la capacité de comprendre ce qui se passe. On s'endort, et l'on ne se réveille pas.

Donc, sans nuance ni exception : jamais de barbecue au charbon, de brasero, de gril, de groupe électrogène ou de chauffage non conçu pour l'intérieur, à l'intérieur d'un logement, d'un garage, d'une véranda ou d'une tente. Un appareil de chauffage à combustion, même prévu pour l'intérieur, exige une pièce ventilée. Aérez plusieurs minutes par jour, même par grand froid. Et achetez un détecteur de monoxyde de carbone : une vingtaine d'euros, c'est le meilleur euro investi de tout ce site.

« En montagne, j'ai eu froid au point d'en trembler pendant des heures. Je m'en suis tiré. Ceux qui allument un brasero dans leur salon, souvent non. »

Stéphane — Le Prepper

2. Garder la chaleur avant de chercher à la produire

Voici le renversement qui économise beaucoup d'argent et beaucoup de risques : en cas de coupure, votre objectif n'est pas de chauffer votre logement. Il est de garder votre corps à 37 °C. Ce n'est pas la même chose, et la seconde est bien plus facile.

  • S'habiller par couches. Une première couche qui évacue l'humidité (surtout pas de coton contre la peau si vous transpirez), une couche isolante (laine, polaire, duvet), une couche coupe-vent. Bonnet et chaussettes : une part considérable des pertes se fait par la tête et les extrémités.
  • Réduire le volume à chauffer. Choisissez une seule pièce, si possible petite, orientée au sud, sans grande baie vitrée. Fermez les portes, calfeutrez le bas avec des serviettes. Vivez et dormez-y tous ensemble : les corps chauffent.
  • Fermer les volets et rideaux la nuit, les ouvrir au soleil. Une couverture de survie tendue derrière un radiateur ou contre une fenêtre renvoie la chaleur.
  • Isoler du sol. On perd énormément par conduction : matelas, tapis, cartons sous le duvet.
  • Un bon duvet vaut un chauffage. Un sac de couchage de température confort négative par personne : c'est l'achat le plus efficace, et il sert aussi en vacances.
  • Manger et boire chaud. Le corps produit sa chaleur. Une boisson chaude et un repas calorique valent mieux qu'un radiateur d'appoint.

3. Les chauffages d'appoint : lesquels, à quelles conditions

  • Le poêle à bois ou à granulés raccordé à un conduit conforme et ramoné : la meilleure solution, si vous en avez un. Attention aux poêles à granulés, qui nécessitent souvent de l'électricité pour leur vis d'alimentation — vérifiez le vôtre.
  • Le chauffage au pétrole ou au gaz d'intérieur, à condition qu'il soit certifié pour un usage intérieur, muni d'une sécurité de détection de CO₂ et d'anti-basculement, utilisé dans une pièce ventilée, jamais dans une chambre pendant la nuit. Respectez scrupuleusement la notice.
  • La cheminée ouverte : agréable, très peu efficace (elle aspire l'air chaud), et dangereuse si le conduit n'est pas entretenu.
  • À proscrire absolument : barbecue, brasero, réchaud de camping en usage prolongé, four ou plaques laissés allumés, groupe électrogène. Voir plus haut : on ne discute pas ce point.

Gardez toujours à l'esprit qui vous accompagne : nourrissons, personnes âgées et malades se refroidissent bien plus vite et signalent moins leur inconfort. Vérifiez-les activement, comme le rappelle le chapitre Santé.

Autonomie énergétique : éclairage, batteries et solutions de secours
Lumière, chaleur, énergie : trois besoins distincts, trois solutions distinctes.

4. La lumière : simple, et pourtant mal faite

C'est le besoin le plus facile à couvrir, et je vois pourtant les mêmes erreurs partout. La lumière n'est pas qu'un confort : dans le noir, on se blesse, on panique, et les enfants s'effondrent psychologiquement.

  • Une lampe frontale à LED par personne. Elle libère les mains — essentiel pour cuisiner, soigner, bricoler. Quelques dizaines d'euros. C'est la base, et rien ne la remplace.
  • Une ou deux lanternes LED pour éclairer une pièce entière, posées sur une table, orientées vers le plafond.
  • Une lampe dynamo ou solaire comme dernier recours, quand les piles sont mortes. Souvent couplée à une radio : pierre deux coups avec le chapitre Communication.
  • Un stock de piles du bon format, rangées à part, vérifiées une fois par an. Standardisez vos appareils sur un seul format si vous le pouvez.
  • Pas de bougies. Elles sont responsables d'un grand nombre d'incendies domestiques lors des coupures. Si vous y tenez, jamais sans surveillance, jamais près d'un rideau, jamais dans une chambre d'enfant.

5. Un peu d'électricité : batteries, solaire, groupe électrogène

Question qui revient à chaque conversation : « faut-il un groupe électrogène ? » Ma réponse, pour la grande majorité des foyers, est non. C'est bruyant (donc repérable), coûteux, cela demande un stock de carburant qui se dégrade avec le temps, un entretien régulier, et cela ne s'utilise qu'à l'extérieur, loin de toute ouverture. Il ne se justifie vraiment que pour un besoin vital identifié : appareil médical lourd, pompe, exploitation agricole.

Pour la plupart d'entre nous, la bonne réponse est la station électrique portable (une grosse batterie avec prises secteur et USB), éventuellement associée à un panneau solaire pliable. Elle est silencieuse, utilisable à l'intérieur sans aucun risque, et suffit à recharger téléphones, lampes, radio et petits appareils médicaux pendant plusieurs jours. Trois règles : dimensionnez-la sur vos besoins réels (faites la liste des appareils vraiment indispensables), gardez-la chargée — une batterie vide le jour J est un presse-papier —, et testez-la une fois par an.

Complétez par le trivial et l'efficace : deux batteries externes chargées en permanence, un chargeur pour la voiture (qui devient un groupe électrogène de fortune, moteur tournant à l'extérieur), et l'habitude de recharger vos appareils avant une tempête annoncée. Les coupures se préparent aussi dans les heures qui les précèdent.

6. La cuisson

Sans plaques ni four, votre réserve du chapitre Alimentation reste largement consommable — c'est pourquoi le niveau 1 est « sans cuisson ». Mais un repas chaud change une journée, et permet de faire bouillir l'eau du chapitre Eau.

  • Le réchaud à gaz de camping et ses cartouches : simple, efficace. Comptez une cartouche par semaine et par foyer, en usage sobre. À utiliser dans une pièce ventilée, jamais en continu, jamais pour chauffer.
  • Le réchaud à alcool ou à combustible solide : plus lent, très fiable, combustible facile à stocker.
  • Le barbecue ou la plancha à gaz, à l'extérieur uniquement, sur un balcon ou dans un jardin — jamais sous un auvent fermé.
  • La cuisson passive : portez à ébullition, coupez, enveloppez la casserole dans une couverture. Le riz ou les lentilles finissent de cuire seuls, avec un tiers du combustible. Une astuce ancienne, redoutablement efficace.

Testez tout cela un dimanche, avant d'en avoir besoin — c'est l'exercice que je recommande depuis le premier chapitre. Un réchaud jamais allumé n'est pas de l'équipement, c'est de la décoration.

7. Questions fréquentes

Comment se chauffer en cas de coupure d'électricité ?
La priorité n'est pas de chauffer le logement mais de conserver la chaleur corporelle : se vêtir en plusieurs couches, isoler une seule pièce, calfeutrer les fenêtres, fermer les volets la nuit, dormir en duvet. Un chauffage d'appoint conçu pour l'intérieur (poêle à bois raccordé, chauffage au pétrole avec sécurité, pièce ventilée) peut compléter. Ne faites jamais fonctionner à l'intérieur un barbecue au charbon, un brasero ou un groupe électrogène : le monoxyde de carbone tue en silence, chaque hiver, en France.
Quelle lampe choisir pour une panne de courant ?
Une lampe frontale à LED par personne, alimentée par piles : elle libère les mains, consomme peu et coûte quelques dizaines d'euros. Complétez par une lanterne LED pour éclairer une pièce entière et une lampe dynamo ou solaire comme secours ultime. Prévoyez un stock de piles adaptées, stockées à part et vérifiées une fois par an. Évitez les bougies, responsables de nombreux incendies domestiques lors de coupures.
Faut-il acheter un groupe électrogène ?
Pour la plupart des foyers, non : c'est bruyant, coûteux, cela nécessite un stock de carburant qui se dégrade, et cela ne s'utilise qu'à l'extérieur, loin de toute ouverture, sous peine d'intoxication mortelle au monoxyde de carbone. Une station électrique portable à batterie (avec panneau solaire pliable) est généralement plus adaptée pour recharger téléphones, lampes et appareils médicaux légers. Le groupe électrogène ne se justifie que pour des besoins vitaux spécifiques : appareil médical lourd, pompe, exploitation agricole.

Étape suivante

Eau, nourriture, chaleur. Reste à savoir soigner.

Trousse de secours, gestes qui sauvent, traitements chroniques : le chapitre suivant est écrit par une infirmière.