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Manuel-de-Survie.fr

Scénario S.01 · Le guide appliqué — par Stéphane, le Prepper

Le black-out : 72 heures sans électricité

18 h 42, un soir de janvier. Tout s'éteint — et cette fois, ça ne revient pas. Déroulons ensemble ces trois jours, heure par heure, pour voir la préparation à l'œuvre dans le concret.

Mis à jour en juillet 2026 · Lecture : 9 min · Un récit pour mettre le guide en pratique

L'essentiel en 30 secondes

  • Ne pas ouvrir frigo et congélateur : 4 h et 48 h de réserve de froid si on les laisse fermés.
  • Lumière à LED, pas de bougies ; radio à piles pour les consignes officielles.
  • Une seule pièce chauffée, des couches de vêtements, on garde son corps chaud, pas le logement.
  • Le vrai danger n'est pas le froid : c'est le chauffage improvisé et son monoxyde de carbone.

Les scénarios de ce site ne sont pas des prédictions : ce sont des répétitions. En déroulant une crise concrète heure par heure, vous verrez où votre préparation tient, et où elle a des trous. Le black-out est le meilleur point de départ : c'est la crise la plus probable en France, et celle qui active presque tous les chapitres du guide à la fois.

H+0 · Les premières minutes

18 h 42. L'écran s'éteint, le frigo se tait, la rue devient noire. Premier réflexe : ne pas se précipiter. On applique S.T.O.P. — s'arrêter, réfléchir, observer, planifier.

  • Panne locale ou générale ? Un coup d'œil par la fenêtre : si tout le quartier est noir, ce n'est pas votre disjoncteur. On le vérifie tout de même — parfois, c'est juste chez soi.
  • La lumière, d'abord. On attrape la frontale rangée à un endroit connu (pas au fond d'un tiroir qu'on fouille dans le noir). Une par personne, comme le prévoit le chapitre Énergie.
  • On ne touche plus au frigo. À partir de maintenant, chaque ouverture coûte du froid. On décide le menu des prochaines heures d'un coup, et on n'y revient pas.
  • On informe. La radio à piles, calée sur une station de service public. Pas le smartphone, qu'on économise.

H+2 · La première soirée

La panne dure. La radio confirme : incident majeur sur le réseau, rétablissement non annoncé avant plusieurs heures, peut-être davantage. C'est le moment d'agir pendant qu'il reste des marges.

  • L'eau, tant qu'elle coule. Dans bien des immeubles, l'eau dépend de pompes électriques. On remplit maintenant : bouteilles, casseroles, et la baignoire pour les sanitaires. Le chapitre Eau l'a anticipé, mais la marge se prend ce soir.
  • On recharge tout ce qui peut l'être sur la batterie externe déjà chargée : téléphones en mode avion, pour n'en garder qu'un actif.
  • Le repas « festin ». On cuisine ce qui se perdra en premier — le frais du frigo. Ce n'est pas du gaspillage, c'est de la logistique : on mange chaud tant qu'on le peut.
  • On prévient un proche hors zone par SMS, pas par appel : le contact du plan familial.
Faire face à un black-out : gérer lumière, chauffage, nourriture et communication sur 72 heures
Le premier soir décide de tout : c'est là qu'on prend ses marges, pendant qu'elles existent encore.

Nuit 1 · Le froid s'installe

Sans chauffage, la température intérieure baisse lentement mais sûrement. C'est ici que se joue la part la plus sérieuse du scénario — et la plus dangereuse si l'on improvise.

  • Une seule pièce. On choisit la plus petite, on ferme les portes, on calfeutre le bas avec des serviettes. Toute la famille y dort, ensemble : les corps chauffent.
  • Des couches, un duvet, le sol isolé. On s'habille comme pour dehors, bonnet compris. On dort en sac de couchage sur un matelas, pas sous un simple drap. La chaleur du corps, pas celle de la pièce.
  • Le piège mortel. La tentation de rentrer un barbecue, d'allumer un brasero, de faire tourner un groupe électrogène au garage. Jamais. Le monoxyde de carbone est inodore et tue en silence ; c'est la première cause de décès des coupures hivernales. Un chauffage d'appoint doit être conçu pour l'intérieur et sa pièce ventilée.
  • Les vulnérables. On vérifie activement le nourrisson, la personne âgée : ils se refroidissent plus vite et se plaignent moins. Voir le chapitre Santé.

Jour 2 · Tenir dans la durée

Au matin, la panne persiste. On quitte la gestion de crise pour entrer dans un régime d'endurance. Le stress est réel, la routine devient une alliée.

  • Manger dans l'ordre. On finit le congélateur (qui a tenu ses 24-48 h) avant qu'il ne dégèle, puis on passe aux conserves du stock tournant. Un réchaud à gaz, dans une pièce ventilée, permet un repas chaud et du café — le moral compte.
  • L'eau se rationne peu : on boit à sa soif. Mais on économise pour l'hygiène : gel hydroalcoolique, lingettes. Les mains propres évitent les diarrhées, premier vrai risque sanitaire d'une crise longue.
  • L'information deux fois par jour. On allume la radio à heure fixe, on l'éteint ensuite : inutile d'épuiser les piles et les nerfs. On note ce qu'annoncent les autorités.
  • Le voisinage. On frappe à la porte du voisin âgé, on échange des nouvelles, on mutualise — l'un a un réchaud, l'autre des piles. C'est le chapitre Survie collective qui se joue en vrai, et c'est souvent le meilleur moment de la crise.

Jour 3 · Le retour

En fin de troisième journée, la lumière revient d'un coup : le frigo bourdonne, les écrans s'allument. Le soulagement est immense — mais la crise n'est pas tout à fait finie.

  • On trie le congélateur. Tout ce qui a dégelé ne se recongèle pas ; en cas de doute sur la chaîne du froid, on jette. Une intoxication alimentaire juste après la crise gâcherait tout.
  • On recharge et on refait les stocks : batteries, piles, eau, vivres consommés. La prochaine coupure se prépare maintenant, tant que c'est frais dans la tête.
  • On débriefe. Qu'a-t-il manqué ? Une lampe en rade, une réserve d'eau trop juste, un réchaud jamais testé ? On note, on corrige. C'est ainsi qu'un scénario vécu vaut dix guides lus.

Les leçons de ce scénario

Remarquez ce qui a fait la différence, tout au long de ces trois jours : rien de spectaculaire. Une frontale rangée au bon endroit, une radio à piles, une réserve d'eau prise à temps, un duvet, un réchaud testé, un voisin connu. Aucun bunker, aucune arme, aucune ration lyophilisée.

Et remarquez surtout le seul vrai danger de tout le scénario : il n'est pas venu de la panne elle-même, mais de la réaction à la panne — le chauffage improvisé. La préparation, ce n'est pas accumuler du matériel : c'est connaître à l'avance les deux ou trois gestes qui tuent, et les quelques-uns qui sauvent. Le meilleur entraînement à ce scénario ? Le vivre pour de faux : coupez votre disjoncteur un samedi soir, et observez.

Questions fréquentes

Que faire en cas de coupure d'électricité prolongée ?
Dans l'ordre : vérifier s'il s'agit d'une panne locale ou générale, préserver le froid en n'ouvrant pas le réfrigérateur ni le congélateur, s'éclairer avec des lampes à LED plutôt que des bougies, s'informer via une radio à piles, remplir des réserves d'eau tant que la pression subsiste, se regrouper dans une seule pièce à chauffer et surveiller les personnes vulnérables. Ne jamais utiliser à l'intérieur un barbecue, un brasero ou un groupe électrogène, à cause du monoxyde de carbone.
Combien de temps la nourriture se conserve-t-elle sans électricité ?
Un réfrigérateur maintient une température acceptable environ quatre heures s'il reste fermé. Un congélateur plein tient environ quarante-huit heures, contre vingt-quatre heures s'il est à moitié rempli. La règle est de consommer d'abord les produits frais du réfrigérateur, puis ceux du congélateur, puis les conserves. Un aliment décongelé ne doit jamais être recongelé, et tout produit resté au-dessus de 4 °C plus de deux heures doit être écarté en cas de doute.
Un black-out généralisé est-il possible en France ?
Une coupure locale de quelques heures est fréquente, notamment après une tempête. Un black-out généralisé et prolongé reste peu probable en France grâce à la robustesse du réseau, mais il n'est pas impossible : tension extrême sur la production en hiver, incident technique majeur, cyberattaque ou cascade de défaillances. Les gestionnaires de réseau peuvent recourir à des délestages tournants — des coupures organisées et temporaires par zones — pour éviter un effondrement général. Se préparer à 72 heures d'autonomie couvre l'immense majorité des situations.

Passer de la lecture à la pratique

Le meilleur entraînement : coupez votre disjoncteur un samedi soir

Trois heures sans électricité, volontairement, vous apprendront tout ce qui manque à votre préparation. Le chapitre Énergie vous prépare à le faire en sécurité.